Travaux effectués

La découverte

En juin 1985, venant de Dinan et nous dirigeant sur Vannes, Monique, mon épouse, me signale une tour dépassant des arbres, ce qui était largement suffisant pour nous détourner de notre route… Arrivés dans la cour du Manoir, pas âme qui vive… Tout ouvert a tous vents, ce qui nous a permis d’effectuer notre premier visite.

Malgré un état général assez préoccupant, nous sommes immédiatement tombés sous le charme. Renseignements pris dans le voisinage, nous apprenons que le propriétaire des lieux est monsieur Geoffroy de Lambilly, demeurant en Vendée. Rendez-vous pris sur l’heure, nous rencontrons le propriétaire qui nous informe que le manoir est a vendre. Deux ans de négociation seront nécessaires pour que nous puissions conclure.

Premiers aménagements

Bien entendu a l’époque, l’ensemble était totalement inhabitable. Considérant qu’il fallait être rapidement sur place, nous avons procédé aux premières urgences, a savoir l’assainissement et un minimum d’électricité. La salle basse avait été divisée en trois pièces et nos premiers travaux ont consisté a lui redonner son volume d’origine. Une révision de toiture s’est également avérée indispensable ainsi que le remplacement des vitres cassées.

Ces premières dispositions nous ont permis un an plus tard de quitter notre douillet appartement de Rennes pour emménager façon « camping » dans cette glacière ou l’eau gelait dans les chambres !

Au fil des ans…

Dix ans plus tard, o merveille : le chauffage dans toutes les pièces ! Le remplacement des fenêtres de façade qui tombaient en ruines. En ce qui concerne la salle basse chauffage par le sol : génial !

Le sol de la cuisine est en dalles de granite dont beaucoup étaient cassées. Le niveau du sol présentait un faux niveau important. Des anciens locataires du manoir nous ont expliqué qu’a leur époque le cheval rentrait jusque dans la cuisine pour y déposer des souches pour la cheminée. Ceci expliquant les nombreuses dalles cassées. Nous avons donc restauré ce dallage, remis le tout a niveau, seul trois dalles devant la fenêtre de la cuisine ne pouvaient être déplacées considérant leurs tailles et leurs poids respectables. Afin de les remettre en position, nous avons du creuser en-dessous, passer un petit cric de camion et bourrer de sable en-dessous. Le socle de la cheminée étant indispensable a son bon fonctionnement et totalement délabré, nous l’avons remplacé et entouré d’une ancienne corniche de château en granite.

Dans la chambre ouest du rez-de-chaussée, nous avons supprimé un couloir sombre et disgracieux afin la encore de retrouver les volumes d’origine.  A cette occasion, nous découvrons une porte plein cintre en granite, cachée par un enduit ciment.

La maçonnerie lourde

Au fil des ans, deux désordres importants apparaissent. Le premier sur une partie de la façade sud-ouest, le second sur l’angle de la tour nord-ouest.

Facade

Les bouts de deux poutres maitresses au niveau du grenier sont complètement dégradées. Les arbalétriers reposant sur le bout des poutres n’étant plus soutenus, l’ensemble de la toiture s’affaisse et pousse sur le mur. Il en résulte un écartement de 20 centimètre en haut de mur.

Tour

L’angle de la tour, sur une hauteur de 9 metres présente des fissures importantes et commence a s’affaisser. De nombreuses pierres d’angle cassent sous l’effet de la pression.

Pour toutes ces raisons, nous demandons a la DRAC l’inscription a l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, ce qui est fait le xxxxxx. Nous obtenons ainsi une subvention de 20 % de la DRAC, de 15% du Conseil général du Morbihan, ainsi que 15% du Conseil régional.

Les travaux sur la façade sont commencés en 2015

La première opération consiste a échafauder, démonter la lucarne ainsi que la maçonnerie jusqu’environ deux mètres du sol… Toutes les pièces en granite étant numérotées afin d’en retrouver les emplacements d’origine. Imaginez le monstrueux tas de pierres ! Toute la maçonnerie étant a cette époque montée a la terre, nous décidons, sur conseil de Leo Goas, de reprendre cette technique. A cette fin, au démontage, toute la terre est récupérée et stockée au sec. Cependant, elle comporte de nombreux débris de pierres, de coquilles de noix, de glands et débris divers. Donc, une obligation de la tamiser, ce qui fut fait, par l’acquisition d’un tamis électrique d’occasion.

Restauration linteau et appui de fenetre

Etaient également a restaurer un linteau et un appui de fenêtre en granit, casses en deux morceaux.

Afin de les restaurer, les pieces sont percées de part en part avec un foret de 30mm  et les deux morceaux sont reliés par une tige filtée en inox et du scellement approprié. La cassure bien travaillée n’est pratiquement plus visible.

 

Restauration des poutres

Que faire ? Les remplacer, les restaurer ? C’est cette deuxième solution qui sera retenue par notre architecte du patrimoine, Léo Goas. Voir ci-dessous,  la technique de restauration. Bien entendu, il a fallu au préalable étayer la charpente afin qu’elle ne nous tombe pas sur la tete. Pour accéder aux poutres il a fallu également déposer les solives et 25m2 de plancher.

Restauration des arbalétriers

Concernant les arbalétriers, il faut préciser que les parties basses en liaison avec les poutres étaient également endommagées. Il a donc fallut les rabouter.
Voir photos.

Remontage et restauration de la lucarne

La dernière opération consistait au remontage de la lucarne en granit, dont il a fallu entièrement refaire la structure bois, trop endommagée pour etre conservée.

Raccords de toiture

Pour effectuer toutes ces opérations, il a fallut dégarnir environ 30m2 de toiture et remplacer 26 coyaux de 2m50, voliges et ardoises.

Restauration de la tour

Meme chose que pour la facade, démontage d’une partie du mur sur 9m de haut, numérotage de toutes les pierres d’angle avec positionnement au sol dans l’ordre. Un gros probleme se pose : trouver des pierres d’angle pour remplacer les 30 trop abimées pour etre remontées. Notre premiere idée était de retrouver des pierres de récupération, ce qui s’avérera vain, le schiste rouge étant assez rare. En désespoir de cause, nous sommes tombés sur un lot de tres grosses pierres de schiste rouge d’environ 40 tonnes. Nous envisagions d’en acheter une douzaine et de les faire calibrer chez un tailleur de pierre. Seul probleme, le propriétaire des dites pierres n’acceptait de vendre que le lot complet. A prendre ou a laisser… N’ayant pas d’autre alternative, nous avons acheté le lot, et les pierres qu’il nous fallait furent recalibrées comme prévu.

Il ne restait plus qu’a remonter en repositionnant toutes les pierres d’angle dans l’ordre de démontage, y compris les neuves recalibrées au centimètre pres. Remontage a la terre bien entendu !